ETATS-UNIS

SAN DIEGO, CALIFORNIE

LUNDI 17 FÉVRIER 2020

 

7 :30. La brume nimbe les tours de San Diego où il fait froid. Phénomène fréquent ici quand le vent du nord favorise la remontée des eaux froides au niveau du rivage, où la vapeur d’eau se condense en nuages.

 

A Park & Market station le trolley se fait attendre. Sur le trottoir, une femme aux cheveux embroussaillés tire derrière elle un chariot qui rassemble les affaires qui lui ont servi d’abri pour la nuit. Son sac à dos aux couleurs vives capte furtivement un rayon d’un soleil qui s’apprête à percer, comme une lueur d’espoir dans un visage triste. La tête enfoncée dans une casquette aux larges bords, un homme d’une cinquantaine d’années, chargé d’un volumineux sac poubelle débordant de bouteilles plastiques, vient s’assoir sur le banc à mon côté. Il serre précieusement dans ses bras son butin qui lui rapportera bien quelques dollars. Un jeune contrôleur de la ligne de trolley, tout fier dans son rutilant uniforme, vient vérifier nos cartes d’embarquement. Il s’attarde auprès de l’homme à la casquette en train de redresser de fort longues moustaches, échangeant avec lui quelques mots sur l’abondance de sa collecte.

Le trolley finit par arriver. Il me transporte vers le Centre de Congrès, face à la presqu'île de Coronado baignée par la longue houle de l’océan Pacifique. Sur la pelouse, au pied du monument à la mémoire de la libération des esclaves, un sans-abri dort sans couverture, recroquevillé pour tenter de se protéger de la fraîcheur nocturne.

Le soleil dissipe des voiles évanescents, révélant la marina, havre de splendides yachts de multi millionnaires, et tout au loin un porte-avion géant de la base navale du Pacifique.