ETATS-UNIS

SAN DIEGO, CALIFORNIE

MERCREDI 19 FÉVRIER 2020

 

Les scientifiques ne sont jamais à court d’imagination.

Dans une session du congrès j’ai, ce matin, visité la « Cité Perdue » (the Lost City), la « Montagne Blanche » (Menez gwenn), l’« Arc en Ciel » (Rainbow), le « Fumeur noir » (appelé Luky Strike, d’après la célèbre marque de cigarettes américaines), des paysages sous-marins découverts voici quelques années par les océanographes à travers les hublots de leurs submersibles, à plusieurs milliers de mètres au fond des océans. Le long des dorsales médio-océaniques les volcans crachent des fumées noires ou blanches dont les particules, en sédimentant, génèrent des dépôts aux allures fantastiques. Elles ne déplairaient point à Steven Spielberg et aux aventuriers de l’« Arche Perdue »…

Cet après-midi je m’apprêtais à quitter le congrès quand je me suis arrêté net. Mon œil venait de capter un poster où un collègue allemand posait une question surprenante : « le fer cosmique influence-t-il la production biologique dans l’océan Antarctique « ? On sait que le phytoplancton n’y pousse pas de façon optimale car l’eau de mer y est pauvre en fer, élément vital pour la vie sur notre planète. On a même essayé de « fertiliser » artificiellement l’océan Austral en fer et cela marche : le plancton végétal croît mieux et pompe davantage de gaz carbonique. Mais de là à concevoir que le fer peut venir du cosmos et jouer un rôle dans la vie de cet océan polaire ! En tout cas, c’est ce que démontre un collègue de l’Alfred Wegener Institut de Bremerhaven…

Dans l’avion qui me mène à Atlanta (Géorgie), ce jeudi 20 février, avant de retourner en France, mon voisin côté hublot est ingénieur en électromagnétisme. Pianotant sur son i-phone il me montre des exemples d’application des effets électromagnétiques, entre deux images de sa charmante épouse et de son bébé d’un mois. Il s’est laissé fasciner par mes histoires d’algues microscopiques à carapace de verre qui, sans que nous en rendions compte, produisent le quart de l’oxygène que nous respirons…