Pégase

Le soir enluminait le haut de la colline

Et la vaste prairie, royaume des équidés.

Quittant le vallon sombre où la lumière décline

Et le son cristallin d’un ruisseau forestier,

Le sentier nous conduit dans l’herbe qui s’incline,

Sous le vent d’est et froid qui nous fait frissonner.

 

Douze chevaux dominent de leur haute stature,

Des lièvres de passage aux oreilles dressées,

Qui vont de ci de là, cherchant quelque aventure

Dans la garenne percée d’innombrables terriers.           

L’un des chevaux s’ébroue, secouant sa crinière,

Aux longs poils agités sur une robe baie.

 

Il s’avance à pas lents vers onze congénères,

Que le centre équestre a ici rassemblés.

Cinq à la robe blanche, que quelques brins de terre

Ont cherché à ternir mais vite dispersés

Par le souffle d’Eole qui les rend éphémères.

Un à la robe pie, qui s’était rapproché,

 

Le long de la clôture où nos pas nous conduisent.

Il accepte bientôt notre présent de fleurs

D’aubépine cueillies, qui bientôt s’illuminent,

Captant, fugitif, le rayon de couleur

Que le soleil accorde aux promeneurs du soir

Avant de laisser place au royaume du noir.

Paul Tréguer, 4 avril 2020.