MADÈRE

CHRONIQUE MADÉROISE

JEUDI 14 JUIN 2018

 

Il est vingt-et-une heure au port de Funchal. Le Porto Santo, tout blanc, à la coque ornée d’une otarie géante, vient d’accoster la jetée par bâbord. Le ferry assure les liaisons avec l’île éponyme située dans le nord-est de Madère. Tournant le dos à la mer un grand chapiteau accueille les groupes traditionnels qui enchantent les auditeurs par chants et musiques portugais. La foule est dense sur les sièges soigneusement disposés face au chapiteau. Comme il n’y a plus de place dans cet espace nous nous sommes assis sur un bloc de béton, un peu à l’écart. Deux chanteurs d’un âge certain se relaient au micro, accompagnés de guitaristes. Le chant nostalgique et la guitare mélancolique renvoient à la rude époque où Madère était une mosaïque de villages isolés, enserrés par d’abruptes montagnes laissées là par une activité volcanique ancienne, du temps où Vulcain et les dieux étaient maîtres du monde. Devant nous, également assis sur un bloc de béton, un jeune couple bénéficie du spectacle. Un beau blond aux cheveux et à la barbe bouclés, une belle femme à la noire chevelure couvrant à peine des épaules dénudées, soulignées par une robe aux rayures blanches et noires. Une brise fraîche les rapproche et l’homme entoure les épaules de sa compagne. Ils s’éclipsent discrètement pour d’autres aventures nocturnes.

Sur le podium un groupe de chanteurs et musiciens locaux a pris le relais. Un chant choral mélodieux, également un brin nostalgique, mais rythmé. Nous les accompagnons volontiers des mains et des pieds. Un autre couple sort de la foule et se met à danser, avant de prendre également son envol vers le bord de mer, où la nuit a pris ses quartiers…