Air du temps

RÉFLEXION SUR L'ÉVOLUTION DU MONDE

1er juin 2020

REBOND !
Les impacts de l’épidémie du covid-19 à l’échelle planétaire sont majeurs sur la vie économique et sociale. Sommes-nous au bord d’un « effondrement » ? La « collapsologie » est devenu un thème à la mode, les membres de l’Institut Momentum allant jusqu’à prédire l’effondrement et la fin de notre monde dans la prochaine décennie. « Collapse » (« effondrement ») est le terme popularisé par le remarquable ouvrage éponyme de Jared Diamond, paru en 2005, qui montre comment, à travers les âges, les sociétés ont décidé de leur disparition ou de leur survie.

La planète Terre elle-même est-elle en danger ? Pas vraiment. Depuis sa naissance au sein de la galaxie de la Voie Lactée il y a 4,5 milliards d’années la Terre a connu de profonds bouleversements climatiques. Ces bouleversements ont affecté de manière drastique l’environnement mais aussi le développement des espèces vivantes depuis un peu moins de quatre milliards d’années. Du fait de l’expansion incontrôlée de notre espèce Homo sapiens, la planète Terre, en voie d’anthropisation croissante depuis des décennies, est soumise à rude épreuve : changement climatique rapide, perte de biodiversité sur terre et dans la mer, crise environnementale généralisée, épuisement des ressources en eau, etc…. La liste des déséquilibres est longue, et les mouvements « collapsologues » et catastrophistes se multiplient, d’autant que l’espèce humaine a pris conscience à la fois de sa fragilité, et de l’unicité de son habitat dans l’univers. La pandémie du covid-19 manifeste de façon criante, voire dramatique pour les plus défavorisés, l’iniquité d’un modèle économique ultralibéral basé sur la recherche des intérêts financiers à court terme et peu soucieux du respect des équilibres de nos écosystèmes.

Peut-on remédier aux épreuves que subissent la planète et ses habitants ? Surement ! « Un autre monde est possible » affirme Joseph Stiglitz, économiste de renom, dans « Le prix de l’inégalité » paru en 2012. Face au front commun des gouvernements de nations (Etats-Unis, Brésil, …) qui exploitent sans scrupules les ressources non renouvelables et les hommes, et à tous ceux qui entendent dicter leurs lois ultralibérales au reste de la planète, il est urgent d’organiser le rebond. Celui d’ensembles économiques majeurs (comme l’Europe) qui s’accordent pour changer en moins d’une génération notre mode de production d’énergie, de partage, de gestion des richesses dans le souci du bien commun, et de respect des équilibres écosystémiques majeurs. Utopie? Je ne le pense pas : à l’échelle locale, les exemples abondent quant à notre capacité à changer pour un mode de développement économique plus soutenable et moins inégalitaire.

Le rebond est donc en perspective. Mais il faut changer d’échelle et rapidement. C’est un enjeu que les jeunes générations ont commencé à prendre en main et c’est ce qui rend cette perspective particulièrement exaltante. Elles font partie des forces de l’espoir à réunir d’urgence si l’on veut que le « monde d’après » ne ressemble pas comme un clone au monde du présent.