Atlantique

La mer est là, dès le début de l’enfance,

Vers l’au-delà, la découverte et l’espérance.

S’y baigne une Bretagne voyageuse

Celles des goélands et des mouettes rieuses,

Et des marins mariés à l’océan,

Qui tous au cœur ont espoir d’Orient.

 

Mer de Chine, Cochinchine, Tonkin, Mers el Kébir,

Histoires de mer, dites, redites et à redire,

Qui de l’enfant peuplent l’imaginaire,

Et deviennent au jeune autant de repères.

Est-ce pourquoi l’océanographie,

Adulte devenu a si rempli ma vie ?

 

Terre de vents, Bretagne : porte océane

Quoi de plus grand pour ouvrir une âme !

Pour bientôt s’embarquer sur de fiers bâtiments.

Gwalarn, Pluteus, Sainte-Anne, aux furieux mouvements,

Et puis Nadir, Noroît, Jean Charcot, Capricorne,

Pour fendre l’Atlantique, en deçà du Cap Horn.

 

Atlantique : de l’Europe à l’Amérique,

C’est un univers de richesses magiques.

Langoustes, sardines, sardinelles, et calmars,

Au large d’Agadir, Port-Etienne et Dakar,

Cibles des chalutiers et de navires-usines,

Voient depuis des années leurs nombres qui déclinent.

 

Porté par le Gulf Stream, immense fleuve marin,

L’Atlantique nord régule l’effet de serre.

Mais, pour ce bienfaiteur du climat de la Terre,

Déjà point, à un horizon pas si lointain,

De ses capacités la limite à atteindre.

Doit-il avec les hommes arriver à sa fin ?

Paul Tréguer, 3 novembre 2020